Les douleurs toujours non éteintes
Il ya quelques jours, notre article intitulé « Nécessité pour le CNSP de refaire l’unité de l’armée » a trouvé une grande audience dans l’opinion nationale. Et pour cause, bien de malaises qui en sont nés, couvent encore, laissant sur bien de cœurs des douleurs non encore expiées. Bien d’hommes et de femmes ont trouvé dans ce texte l’expression d’un besoin de paix intérieure et intime, pour soi, après avoir vu les leurs souvent lynchés de leur carrière brutalement arrêtée, triste sans doute, face à ce qui leur arrivait, de regarder un pays, leur pays, où il n’y avait plus de chance de faire justice depuis que des socialistes venaient, non pour travailler au bonheur du peuple, mais pour régler des comptes. Cet article venait presque pour leur redonner espoir alors que ces familles le perdaient depuis que des hommes, oublieux de ce que Dieu commande plus nos destinées, promettaient de gouverner pendant au moins trente ans, pour perpétuer le mal et la vendetta. Ils ressentaient, dans le malaise qui couvait et que nous venions utilement rappeler la semaine dernière, ce besoin immense de réparer des torts, d’amener les enfants du Niger à se réconcilier avec eux-mêmes, à apprendre à se pardonner, à savoir regarder devant eux pour avancer. Il s’agissait pour ces familles qui ont vécu ces blessures, face à un contexte qui commande la cohésion des FDS, de redonner confiance à ceux qui, dans le sacrifice, consentaient à dévouer leur vie au métier des armes. Comment ne pas avoir de la considération à ceux-là qui, pour notre pays, pour que nous puissions dormir plus tranquillement, passent les nuits et les journées dans les déserts et dans les sables, dans les vents et les soleils, loin des leurs, dans le froid souvent et les poussières ? Dieu sait combien ce pays a souffert, alors que l’armée était en guerre, d’un côté, à l’Est, par Boko Haram, d’un autre, à l’ouest, par une horde de tueurs qui venaient violenter des populations qui ne peuvent se souvenir de la faute qui leur vaut ces représailles. Ceux qui dénoncent des complicités, alertent sur la gravité de la situation qui se vit, au lieu de l’écoute, doivent faire face aux brutalités du régime, condamnés au silence par des incarcérations qui ne se font jamais dan le respect de la loi. Au même moment le régime d’alors trouvait les moyens, par le mensonge dans bien de cas, de salir des hommes, d’accuser et d’emprisonner. Et de radier aussi. L’armée avait-elle besoin de ça en ce moment-là ? Nos FDS ont besoin de leur forum de pays pour sortir de ces traumatismes.
C’est une grandeur pour le CNSP que de régler en son sein bien de malaises du fait de la gestion du régime déchu en réparant des torts qui ont pu être, dans bien cas, causés à des soldats braves et, naturellement à leurs familles. Ainsi que le président déchu, lors d’une interview dans jeune Afrique pouvait le dire, le but d’une telle gestion était de briser des hommes dans leur carrière, blessant ainsi la nation autant dans sa richesse que dans sa diversité que blâmait le socialisme. Comment ne pas se rappeler de radiations fortuites de certains militaires avant même qu’un procès équitable ne se tienne, laissés en raz-campagne, perdus pour le métier et pour la vie, revenant tristes dans les familles et dans la vie, brisés. Combien sont-ils ces infortunés sans nom, victime des abus d’un système dont l’agenda ne pouvait être ni celui d’une République normale ni même d’un socialisme même reconditionné tropical.
On a vu que réparant ces injustices, bien de ceux qui avaient été persécutés, notamment dans la société civile, avaient été réhabilités depuis que les militaires revenaient au pouvoir, leur concédant quelques positions dans la gouvernance actuelle du pays, mais oubliant d’autres en son sein et anonymes qui vivent dans l’isolement, le mal qui leur avait été fait, victimes des plus barbares exclusions par lesquelles, pendant plus de douze ans, ils n’ont souvent ni bureau ni travail, totalement ignorés de l’administration : ils erraient et ne devraient pas travailler parce qu’ils ne sont pas connus dans les rangs. Le pays se reconstruisant ainsi sous ce regard réducteur qui fait de l’administration la propriété d’une poignée d’individus qui venaient s’y agglutiner pour le piller.
Le CNSP, en plus du peuple mobilisé, a eu la chance d’avoir le soutien d’Ulémas qui, partout, dans pays et hors du pays, solidairement et patriotiquement, venaient apporter leur soutien, couvrant le Niger et ses nouvelles autorités de prières dont on reconnait aujourd’hui, n’en déplaise à Macron et autres philosophes égarés, l’impact positif dans la nouvelle marche du pays. En voyant tant de leaders religieux se mobiliser autour de l’armée et du CNSP, c’est que la situation est bien sérieuse pour écouter une CEDEAO qui ne comprend plus rien à son rôle et d’une France qui désespère de sa présence au Niger. Pour aider ce pays à se retrouver, il y a à faire place à la Justice pour que, les bénédictions qui descendent sur ce pays se confortent. Les prières des hommes, injustement blessées pourraient se retourner contre nous quand nous décidions de ne travailler qu’à la justice et au bien commun. Donnons à ceux-là et à leurs familles le sourire qu’ils perdaient depuis des temps où des politiciens promirent de gouverner autrement, c’est-à-dire en faisant le mal pour se satisfaire d’une vengeance sans fondement.
Ce pays a besoin de ferveur et de fraternités nouvelles : « aidons les cœurs à se refroidir… ».
Alpha