Rachat en perspective de la dette intérieure par la Banque mondiale
De sources concordantes, il y a des lueurs d’espoir pour l’apurement de la dette intérieure qui est aujourd’hui un goulot d’étranglement pour l’économie nationale. Cela fait d’ailleurs des mois que nous nous en préoccupions au niveau de votre journal Le Courrier. Et pour cause, pour sentir les changements avec de l’argent qui circule pour irriguer les différents compartiments de la société nigérienne aujourd’hui asséchés du fait du non-paiement de cette dette due à des acteurs qui ont souvent investi gros pour exécuter des marchés, mais aussi du fait des sanctions prises à l’encontre du Niger à la suite du coup d’Etat, il faut remettre dans leurs droits des acteurs économiques qui ont, régulièrement, exécuté des marchés de l’Etat sans être payés, souvent depuis des années. Il est ici dommage que la transition ait laissé des fonds s’évaporer avec des acteurs du régime déchu qui réussissaient nuitamment à sortir du pays, et on l’imagine, avec le pactole qu’ils réussirent à chiper à l’Etat, causant un manque à gagner important. On redoute d’ailleurs, et à juste titre, que cet argent sale, ne soit utilisé pour être blanchi dans certains investissements que l’on voit à travers le pays, notamment dans l’installation et le renforcement d’usines dans le pays. La transition, s’est-elle vraiment assurée qu’il s’agit de fonds légaux, venant de partenaires sérieux qui ne seraient pas des sociétés-écrans ou des prête-noms dont certains pourraient se servir pour revenir fructifier le butin de guerre qu’ils amassaient durant les douze années de Wassosso ?
Le ministère des Finances, qui a sans doute audité tous les marchés pour savoir ceux qui sont réellement exécutés, connait bien aujourd’hui l’ardoise dont a hérité la transition pour tenir une comptabilité réelle de ce que l’Etat doit aux opérateurs économiques du pays. On sait que, pour se débarrasser de cette charge laissée par l’ancien régime – continuité de l’Etat oblige – la transition n’avait pas les coudées franches quand, dans le même temps, ses propres avoirs sont gelés, et que dans le même temps, les banques commerciales du pays subirent les affres des sanctions prises à l’encontre du Niger qu’une France tenait à mettre à genoux, oubliant qu’avec une volonté aussi farouche de se libérer d’elle, les Nigériens pouvaient tant faire preuve de résilience pour demeurer, stoïques et dignes dans la résistance qu’ils ont engagée avec le CNSP contre l’impérialisme envahissant de la France néocoloniale.
Il est donc permis, selon des sources concordantes, de sortir de la morosité ambiante qui, malgré tout, n’a pas entamé la détermination des Nigériens à maintenir l’élan, refusant de courber l’échine. L’on apprend, selon ces sources, que la Banque Mondiale aurait fait la situation de toute la dette intérieure au niveau des banques commerciales de la place en vue de racheter les créances de l’Etat. C’est après ce point qu’elle devra procéder avec les banques concernées au versement des dettes à devoir aux opérateurs économiques. Ceci devrait se faire avec un certain taux d’intérêt au profit de la Banque Mondiale qui aura alors aidé à régler ce problème qui a énormément impacté l’activité économique et conduit bien d’opérateurs dans des situations compliquées qui ne pouvaient leur donner de marges de manœuvre pour mener à bien leurs activités.
Bouffée d’oxygène…
Cette intervention pourrait être une bouffée d’oxygène pour l’économie nationale afin de relancer les opérateurs économiques dans leurs activités et, en même temps, permettre que les institutions bancaires de la place de souffler un peu après les temps difficiles qu’elles ont vécus avec l’ensemble du peuple Nigérien. Ainsi, il est permis de s’attendre de voir l’argent circuler un peu alors qu’il devenait rare dans les différents circuits économiques pour les raisons invoquées plus haut, et surtout avec le pouvoir d’achat qui s’est amenuisé avec la cherté ambiante qui a drastiquement impacté le niveau de vie des Nigériens. C’est donc une initiative qu’il faut louer chez le ministère des Finances, notamment si cette solution venait à être concrétisée pour permettre à l’économie nationale de respirer et aux activités de sortir de la léthargie. Il ne reste plus qu’à souhaiter que le ministère des Finances, au nom de la souveraineté, négocie bien le taux d’intérêt par lequel cette intervention se fera afin que la transaction soit supportable pour un pays qui cherche la voie pour sortir d’une situation que plusieurs facteurs, endogènes et exogènes, sont venus compliquer.
Mairiga