Une leçon pour le Président Talon ?
Alors que le Niger était en train de croire à la sincérité du discours politique du Benin qui facilitait des rapprochements devant tendre vers l’ouverture souhaitée de la frontière entre les deux pays, voilà qu’Emmanuel Macron, face aux ambassadeurs de France, vient dévoiler une tout autre vérité : le Benin joue toujours avec elle et, contrairement à ce que les autorités béninoises servent à celles du Niger, il y a bel et bien une présence militaire française au Benin. C’est Macron lui-même, sans aucun respect pour ses partenaires de la CEDEAO, qui venait l’annoncer, non sans mettre à mal des gens qui jouaient à dissimuler leur double jeu. Pourtant, le Benin, comme toute la CEDEAO, sait bien les raisons pour lesquelles les pays du Sahel chassaient l’armée française. En vérité, celle-ci, contrairement à ce que l’on fait entendre dans le discours officiel, venait pour un tout autre agenda qui ne vise qu’à créer le désordre dans nos pays pour trouver, après le chaos semé, le prétexte de l’assistance humanitaire et revenir s’y installer durablement, avec des militaires qui, installées dans des zones devenues extra territoriales, ne peuvent recevoir aucune autorité de nos pays pour y avoir accès, agissant là dans l’opacité totale.
Mais, il y a quelques jours, le terrorisme a frappé dans le nord du Benin, et le bilan a été lourd, causant l’émoi dans le pays qui n’a jamais vu tant de sang de ses soldats versé dans le pays. C’était pourtant à peine sorti du poing que Macron venait d’asséner à certains dirigeants de la CEDEAO dont celui du Benin justement, que cela arrivait comme si ce devrait être un avertissement au Président Talon pour l’appeler à se ranger pour servir les intérêts de la France. Depuis, dans le pays, les opinions sont remontées sur cette présence militaire décidemment inutile et une manifestation est même prévue pour exiger le départ de ces troupes car, là aussi, comme ce fut le cas au Sahel, l’on s’est demandé où étaient les militaires français quand l’agresseur réussissait à tuer plus de la vingtaine de soldats du Dahomey ? Le peuple peut-il alors attendre jusqu’au pire pour réagir ? Non, ce sera irresponsable et c’est pourquoi les Béninois appellent à interpeller, tirant sur la sonnette d’alarme. Aujourd’hui, beaucoup de Béninois sont arrivés à comprendre que ces militaires se sont installés là plus pour autre chose que pour protéger le pays. C’est la triste réalité. Comme quoi, où qu’elle aille, la France ne pourra jamais changer. La France reste la France. N’est-ce pas Simone Gbagbo ?
Que faire ?
Personne ne saurait le dire. Les cartes restent entre les mains du Président Talon aujourd’hui angoissé par une menace qui risque de cerner son pays et un peuple qui n’a pas d’autre choix que de prendre ses responsabilités. Alors qu’il a eu la chance que l’armée du Burkina Faso frontalier ait neutralisé ceux qui partaient tuer au Benin, il a à faire des choix lucides pour son pays et pour l’avenir avant que le peuple ne l’y oblige. Talon doit d’ailleurs comprendre que ce n’est qu’une question de logique de ne pas avoir à coopérer avec le Niger quand, dans le même temps, il pourrait rester en intelligence avec l’armée française chassée du Niger mais en embuscade dans son pays, sur les frontières avec le Niger et le Burkina Faso. Son alliance avec la France qu’il peut, s’il le veut, au nom de sa souveraineté, conserver tout en assumant les conséquences de ses choix, ne peut être compatible avec une coalition avec le Niger pour lutter contre un terrorisme que la France nourrit sur son territoire, prétextant, comme elle l’a fait au Sahel, qu’elle l’aiderait à s’en débarrasser.
Le Niger, lui, regarde, mais refuse les choix irresponsables, cherchant et voulant la paix pour lui-même, et pour les autres. Pour toute l’Afrique. Le Benin a encore à donner des preuves de sa bonne foi avant de sombrer dans le chaos du terrorisme que la France prépare sur son territoire où elle veut organiser sa guerre contre l’AES qui ne se laissera pas faire.
Et chacun répondra devant l’Histoire et devant les peuples.